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La violence envers les enfants : le rôle du professionnel de la santé dentaire

Numéro du cours: 599

Définition du problème: La violence envers les enfants

L’incidence de la violence envers les enfants a augmenté entre 2013 et 2017 aux États-Unis selon des statistiques de l’administration pour les enfants et familles du département de la Santé et des Services sociaux de ce pays publiées en janvier 2019 (ci-après, l’étude DHHS).1 En 2017, 3,5 millions d’enfants américains ont fait l’objet d’une enquête sur des violences dont ils auraient pu être victimes ou d’autres interventions par des organismes de services sociaux. Le nombre d’enfants ayant fait l’objet d’une intervention par les services de protection de l’enfance a augmenté d’environ 10 % entre 2013 et 2017.

Aux fins de l’étude DHHS, les évaluateurs ont recueilli des données sur la négligence, les violences physiques et les violences sexuelles dans le cadre d’enquêtes menées dans les 50 États, le District de Columbia et Porto Rico. Ils ont conclu qu’environ 674 000 enfants avaient été des victimes corroborées de négligence, de violences physiques ou de violences sexuelles en 2017. Parmi ces enfants, environ 75 % ont été victimes de négligence, 18 % de violence physique et 9 % de violence sexuelle; il y a un certain chevauchement entre ces chiffres.1

De plus, environ 7 % de ces victimes ont subi d’autres types de sévices, comme des menaces de violence ou de négligence, la toxicomanie ou l’alcoolisme du parent ou gardien de l’enfant ou le manque de surveillance. Le taux de victimisation des garçons (48,6 %) et des filles (51 %) était sensiblement le même. Sur le nombre total d’enfants victimes de sévices corroborés, environ 1 720 sont décédés, ce qui représente une hausse de 11 % du nombre de tels décès depuis 2013. Parmi les enfants décédés, 75,4 % ont souffert de négligence et 41,6 % ont subi des sévices physiques infligés seuls ou en combinaison avec d’autres types de violence.

La violence envers les enfants existe dans toutes les couches ethniques, culturelles et socio-économiques de la société américaine. En ce qui concerne les personnes s’occupant d’enfants, l’étude DHHS nomme quatre facteurs de risque qui les rendent susceptibles de commettre des actes de violence envers les enfants : alcoolisme, toxicomanie, insécurité financière et violence familiale contre d’autres membres du ménage.1 L’étude DHHS a cerné ces quatre facteurs de risque, mais il faut savoir que dans bien des cas, les actes de violence se produisent parce que le parent ou gardien de l’enfant se sent dépassé par le stress de la vie quotidienne. Un enfant peut subir des sévices infligés à plusieurs reprises par une même personne ou être victimisé par plusieurs personnes différentes. Chez environ 92 % des victimes, les sévices sont infligés par les principaux gardiens, agissant seuls ou ensemble.

Dans ce cours, nous utilisons une définition plus large de la violence que celle employée dans l’étude DHHS. D’après la loi américaine, la Child Abuse Prevention and Treatment Act de 1974, les violences envers les enfants comprennent les actes suivants : [traduction] « Tout acte récent ou omission d’agir de la part d’un parent ou d’un gardien et qui entraîne la mort, de graves préjudices physiques ou émotionnels, des violences ou de l’exploitation sexuelles; ou un acte ou une omission d’agir qui présente un risque imminent de préjudice grave. »2 Étant donné que les lois des différentes compétences contiennent leurs propres définitions de la violence physique, sexuelle et psychologique et de la négligence, il est important de connaître les lois qui s’appliquent dans chaque cas.

La photo montre une victime de violences ayant entraîné des lésions au visage, à la tête, au cou et aux épaules.

Figure 2A.

Enfant victime de violence ayant entraîné la mort et présentant des lésions au visage, à la tête, au cou et aux épaules.

Macrophoto de la configuration des morsures possibles sur l’épaule de l’enfant victime de violence.

Figure 2B.

Macrophoto de la configuration des morsures possibles sur l’épaule de l’enfant victime de violence dans la figure 2A.

Aux États-Unis, tous les États, le District de Columbia et les territoires ont adopté des lois qui rendent obligatoire le signalement de différents types de violence.3 Au début des années 1970, cette obligation se limitait à la violence physique, mais depuis le début des années 1980, elle inclut aussi la violence sexuelle.4 Quand la violence psychologique a été reconnue tant comme un effet résiduel de la négligence que comme une forme distincte de violence, on a ajouté la négligence et de la violence psychologique à l’obligation de signalement.5