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La violence envers les enfants : le rôle du professionnel de la santé dentaire

Numéro du cours: 599

Évaluation

Dans des situations donnant lieu à des soupçons de violence, le professionnel de la santé dentaire procédant à une évaluation doit examiner et considérer le problème ou la lésion à la lumière des circonstances environnantes et en fonction de l’âge et des antécédents de l’enfant.7

  • Une différence importante entre les antécédents indiqués pour le problème ou la lésion et les constatations cliniques est un important indicateur de violence ou de négligence. Outre les signes et symptômes décrits ci-dessus, le professionnel de la santé dentaire devrait garder l’œil sur la présence de lésions multiples au fil du temps ou à différents stades de guérison.

  • Si, sur la base de blessures physiques ou d’autres signes ou symptômes inquiétants décrits ci-dessus, vous soupçonnez en votre capacité de professionnel de la santé dentaire qu’un enfant est victime de violence, il faudrait lui donner la possibilité de fournir des renseignements sans que son parent ou gardien puisse entendre.16 La prudence est toutefois de mise quand on cherche à obtenir des renseignements d’un enfant. Ce sont les services de protection de l’enfance, les forces de l’ordre ou le médecin légiste qui doivent mener des entretiens approfondis avec l’enfant. En tant que professionnel de la santé dentaire, lorsque vous parlez à l’enfant, vous devez vous contenter de recueillir le minimum de renseignements qui justifient un signalement obligatoire adéquat, en procédant comme suit :23

    • Demandez à l’enfant ce qui s’est passé et avec qui, en posant des questions ouvertes de façon bienveillante; écoutez ce que l’enfant vous répond sans l’interrompre; donnez à l’enfant toute votre attention

    • Limitez les questions de suivi à celles qui sont essentielles pour savoir ce qui s’est passé et avec qui, puis cessez de poser des questions

    • Tenez compte du stade de développement de l’enfant; utilisez un langage adapté à son âge

    • Utilisez les mots de l’enfant; ne les remplacez pas par des mots adultes en pensant que vous savez ce que l’enfant essaie de dire; clarifiez sans diriger la conversation

    • Restez neutre; votre réaction pourrait avoir un impact durable sur la capacité ou le désir de l’enfant de révéler des situations de violence; ne faites pas de promesses à l’enfant

    • Exemples de questions ouvertes possibles :

      • L’enfant a deux dents cassées et des ecchymoses au visage : « Je vois que tu as deux dents cassées; dis-moi, qu’est-ce qui s’est passé? » Quand l’enfant a expliqué ce qui s’est passé, demandez qui d’autre était là et qui a fait quoi à qui.

      • L’enfant a des déchirures du frein labial ou lingual : « Comment ça t’est arrivé? »

      • L’enfant a des ulcères, des lésions ou des cloques qui évoquent une maladie sexuellement transmissible : « Parle-moi de ces lésions » et « Qui est au courant? »

      • Un enfant de six ans a sur le cou une marque rouge qui a l’air d’un « suçon » : « Parle-moi de cette trace rouge. » Si, par exemple, l’enfant raconte que Ricky aime jouer à sucer : « Parle-moi de ce jeu » et « Parle-moi de Ricky ».

      • Un enfant de huit ans présente des caries multiples, une haleine fétide, une gingivite et des ulcères dans la bouche qui sont plutôt des signes de mauvaise hygiène dentaire que de maladie sexuellement transmissible. De plus, votre réceptionniste vous dit que l’enfant l’avait suppliée de lui donner une collation, avait frappé ses frères et sœurs plus jeunes et avait arraché des pages de magazines pendant que le parent ou gardien parlait au téléphone sans interagir avec l’enfant ou avec ses frères et sœurs. Vous pouvez et devez essayer d’évaluer les soins généraux et dentaires donnés à l’enfant, en utilisant une invite ouverte « Parle-moi de… » Par exemple, « Parle-moi de la façon dont tu te brosses les dents » ou « Parle-moi de ce que tu manges. »

  • Une fois l’examen dentaire terminé, rassurez l’enfant en le remerciant de vous avoir parlé; demandez-lui s’il a des soucis; le cas échéant, demandez-lui ce qu’il fait quand il a peur ou a besoin d’aide.16

  • Ne demandez pas à l’enfant de répéter les informations qu’il vous a données devant une autre personne dans votre cabinet et ne les divulguez pas à des tiers, même pas au parent ou gardien de l’enfant.

  • Cette personne a peut-être déjà donné des raisons ou un historique des blessures évidentes avant l’examen. Si les raisons ou l’historique ne correspondent pas à vos observations ou aux informations données par l’enfant, vous devez consigner par écrit les faits qui vous ont été présentés, en utilisant les propres mots de l’enfant et ceux de son parent ou gardien. Vous ne devez pas confronter le parent ou gardien de l’enfant.16

     

    Si le parent ou gardien de l’enfant n’a pas donné de raisons ou d’antécédents avant l’examen ou si le problème est de nature ambiguë (comme une morsure sur la joue que l’enfant refuse d’expliquer), le professionnel de la santé dentaire peut poser une brève question à cette personne, mais ne doit pas mener d’interrogatoire poussé.

  • Évaluez le besoin en soins médicaux et le risque immédiat de préjudice à l’enfant.