Guide pour le diagnostic clinique différentiel des lésions de la muqueuse buccale
Maladies virales

Auteur(s) du cours : Michael W. Finkelstein, DDS, MS;Emily Lanzel, DDS, MS;John W. Hellstein, DDS, MS

Maladies virales

Les affections virales se caractérisent généralement par une éruption aiguë ou brusque de lésions multiples. Des manifestations systémiques (comme de la fièvre, un malaise, une lymphadénopathie, des diarrhées, une lymphocytose) peuvent être présentes. Il est toutefois important de retenir que ce ne sont pas tous les patients souffrant d’affections virales qui présentent des signes systémiques. Toutes les affections virales mentionnées ci-dessous, à l’exception de la mononucléose infectieuse, passent par un stade vésiculaire. Les vésicules éclatent rapidement et échappent souvent aux patients ou aux praticiens.

Le virus de l’herpès simplex* (VHS) de types 1 et 2 infecte généralement la peau et la muqueuse buccale. Le virus de type 1 touche la muqueuse et la peau au-dessus de la taille, tandis que le type 2 infecte généralement la zone génitale, même si c’est parfois l’inverse. Les individus touchés par le VHS hébergeront le virus latent dans le ganglion nerveux de la zone touchée pour le restant de leur vie. L’infection symptomatique primaire par VHS touchant la bouche est appelée gingivo-stomatite herpétique primaire*. Bien que l’herpès primaire soit très courant chez les enfants, il est établi avec certitude qu’il peut apparaître chez des adultes plus âgés dépourvus d’anticorps contre le VHS.

Images de la gingivo-stomatite herpétique primaire :

Images de gingivo-stomatite herpétique primaire
Images de gingivo-stomatite herpétique primaire
Images de gingivo-stomatite herpétique primaire
Images de gingivo-stomatite herpétique primaire
Images de gingivo-stomatite herpétique primaire

Les signes et les symptômes de l’herpès primaire comprennent une brusque poussée de fièvre, un malaise, une lymphadénopathie sensible de la tête et du cou ainsi que des vésicules et des ulcérations sur la muqueuse buccale, le pharynx, les lèvres et la peau périorale. Les gencives sont généralement enflées et érythémateuses. Les lésions sont douloureuses et compliquent l’alimentation et l’hydratation. Les lésions se résorbent spontanément, généralement en 10 à 14 jours.

Un certain nombre d’antiviraux systémiques et locaux existent pour les patients ayant besoin d’un traitement. Il est important de noter que plus le traitement est amorcé tôt, plus il donne de bons résultats. Le traitement de soutien et symptomatique passe par le maintien de l’hydratation, notamment chez les enfants, et l’administration d’analgésiques systémiques et topiques.

Les causes les mieux établies de lésions herpétiques récurrentes* sont le rayonnement ultraviolet, un traumatisme mécanique et l’immunosuppression. L’herpès récurrent se manifeste par des vésicules et des ulcérations se produisant sur les surfaces muqueuses kératinisées. Les lésions se regroupent en grappes serrées. L’apparition des lésions est souvent précédée d’un brusque prodrome de douleur, de picotement ou d’engourdissement. La fréquence de récurrence varie selon les individus. Les lésions se résorbent en une ou plusieurs semaines, mais cette guérison est constante chez chaque personne. Dans la mesure où les lésions herpétiques se résorbent spontanément sur une période relativement courte, de nombreux patients ne demandent pas de traitement ou n’en ont pas besoin.

Images de gingivo-stomatite herpétique primaire
Herpès labial
Images de gingivo-stomatite herpétique primaire
Lésion herpétique récidivante

La varicelle* correspond à l’infection primaire par le virus varicelle-zona. La maladie commence par un malaise, de la fièvre, une pharyngite et une lymphadénopathie. Une éruption cutanée prurigineuse apparaît sur le visage et le tronc avant de s’étendre aux extrémités. Les lésions cutanées sont d’abord des vésicules qui éclatent et forment ensuite des croûtes. Elles apparaissent en vagues successives ou par cycle. Des lésions buccales peuvent apparaître avec l’éclatement des vésicules qui forment des ulcérations non douloureuses. La varicelle est généralement une infection relativement modérée, quoique gênante, chez les enfants immunocompétents. Elle a tendance à être plus grave chez les adultes. Elle peut être très grave chez les patients immunodéficients. Le traitement est généralement de soutien et symptomatique chez les enfants immunocompétents. Les antiviraux, comme l’aciclovir, le famciclovir et le valacyclovir sont utiles chez les patients immunodéficients, adultes et nourrissons. Il existe un vaccin contre la varicelle. Il semble être extrêmement efficace, mais la durée de l’immunité n’est pas connue.

Varicelle
Varicelle (varicelle)
Herpès zoster
Herpès zoster

L’herpès zoster, ou le zona*, représente la réactivation du virus de la varicelle chez une personne préalablement infectée. Le zoster a tendance à ne pas réapparaître aussi fréquemment que l’herpès simplex. L’herpès zoster commence généralement avec l’apparition soudaine de douleur, des picotements ou d’engourdissement dans la distribution d’un nerf sensoriel. Il est important de noter que la névralgie associée au stade prodromique du zona peut initialement impliquer une ou plusieurs dents dans un quadrant, simulant ainsi un mal de dents. Les patients qui rapportent des douleurs aux dents qui ne présentent aucune anomalie clinique ou radiographique NE DEVRAIENT PAS subir d’interventions dentaires pour tenter d’éliminer la douleur.

La névralgie au stade prodromique du zona est suivie de vésicules et d’ulcères semblables en apparence à ceux causés par l’herpès simplex. Parce que les lésions suivent une distribution nerveuse, elles s’étendent jusqu’à la ligne médiane et s’arrêtent. Les vésicules et les ulcères du zona disparaissent généralement en quelques semaines. Cependant, la névralgie peut être extrêmement sévère et persister pendant des semaines ou des mois. Les médicaments antiviraux, lorsqu’ils sont administrés au début de la maladie, semblent avoir un effet bénéfique sur la réduction de la névralgie.

L’herpangine*, le plus souvent causée par le virus Coxsackie du groupe A, se manifeste par une poussée aiguë de fièvre modérée, un malaise, une lymphadénopathie, une pharyngite, des nausées et de la diarrhée. Dans de nombreux cas, il n’y a pas de manifestation systémique. Les lésions buccales comprennent des vésicules et des ulcérations sur la muqueuse buccale postérieure, notamment sur le palais mou et autour des piliers amygdaliens. Il est nécessaire d’administrer des analgésiques, de recommander du repos et d’inciter le patient à boire abondamment. L’herpangine est généralement une affection modérée qui se résorbe en une semaine environ.

Herpangine
Herpangine
Herpangine

Le syndrome mains-pieds-bouche* est une infection causée par le virus Coxsackie du groupe A ou B. Il se manifeste par une brusque poussée de fièvre modérée et une pharyngite. Les lésions buccales se présentent sous la forme de vésicules et d’ulcérations qui peuvent toucher toutes les zones de la muqueuse buccale. Les lésions cutanées sont composées de macules et de vésicules érythémateuses sur la paume des mains, la plante des pieds, les doigts et les orteils. La maladie se résorbe généralement en une semaine. Il est nécessaire d’administrer des analgésiques, de recommander du repos et d’inciter le patient à boire abondamment. Le pronostic est bon.

Syndrome mains-pieds-bouche
Syndrome mains-pieds-bouche

La mononucléose infectieuse* est une infection virale causée par le virus d’Epstein-Barr. L’infection chez l’enfant peut être asymptomatique. Les patients qui présentent des symptômes peuvent souffrir de pharyngite, de lymphadénopathie cervicale, de fièvre, de malaise, d’hypertrophie du foie et de la rate, et parfois d’une éruption cutanée. Des lésions buccales sont parfois présentes et comprennent des pétéchies du palais, une hyperplasie des amygdales palatines, une nécrose de la muqueuse de surface recouvrant les amygdales, et une gingivite ulcéro-nécrotique. Le diagnostic se confirme par une analyse sérologique au cours de laquelle on recherche les anticorps hétérophiles. Le traitement de la mononucléose infectieuse passe par le repos et l’administration d’analgésiques. Elle guérit généralement en 4 à 6 semaines.

Mononucléose infectieuse
Mononucléose infectieuse

La rougeole est une infection virale potentiellement grave qui peut entraîner de la fièvre, un malaise, de la toux, une lymphadénopathie, une pharyngite et une éruption cutanée maculopapulaire érythémateuse. Les lésions buccales se manifestent précocement dans la maladie, sous forme de macules rouges ayant des points blancs au centre, situées sur la muqueuse buccale, connues sous le nom de taches de Koplik. L’aspect le plus important de la rougeole est l’apparition éventuelle de complications, telles que la pneumonie et l’encéphalite. La vaccination est essentielle. Chez le patient infecté, le repos et les soins de soutien sont indiqués. La rougeole est actuellement rare en raison de programmes de vaccination obligatoire.

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