Guide pour le diagnostic clinique différentiel des lésions de la muqueuse buccale
Tumeurs bénignes et malignes

Auteur(s) du cours : Michael W. Finkelstein, DDS, MS; Emily Lanzel, DDS, MS; John W. Hellstein, DDS, MS

Tumeurs bénignes et malignes

Si une hypertrophie des tissus mous semble être une tumeur, le clinicien doit ensuite déterminer si l’hypertrophie est bénigne ou maligne. Les tumeurs bénignes sont généralement mieux définies ou circonscrites et présentent un rythme de croissance plus lent, mesuré en mois et en années, que les néoplasmes malins. Les néoplasmes malins sont plus susceptibles d’être douloureux et provoquent des ulcérations de l’épithélium sous-jacent que les lésions bénignes. Puisque les néoplasmes malins envahissent ou infiltrent les muscles, les nerfs, les vaisseaux sanguins et les tissus conjonctifs environnants, ils se fixent ou adhèrent aux structures qui les entourent pendant la palpation. Certaines tumeurs bénignes se fixent également aux structures qui les entourent, mais d’autres sont enveloppées d’une capsule de tissu conjonctif fibreux, ce qui peut permettre de faire bouger la lésion dans le tissu, indépendamment des structures environnantes.

Les tumeurs bénignes peuvent être subdivisées en quatre catégories : les tumeurs épithéliales, les tumeurs mésenchymateuses, les tumeurs des glandes salivaires et les kystes des tissus mous. Bien que les kystes des tissus mous ne soient pas des tumeurs, leurs caractéristiques historiques et cliniques ressemblent à celles des tumeurs bénignes. Chacune de ces catégories possède à son tour des sous-catégories comme indiqué dans les tableaux 5 à 8.

Tableau 5 Tumeurs épithéliales bénignes.
TUMEURS ÉPITHÉLIALES BÉNIGNES
Fermes; non sensibles; fixées à la surface; surface rugueuse ou aspect en chou-fleur; de couleur pâle.
Papillome Aspect pédonculé; exophytique
Verrue vulgaire À large base; exophytique
Condylome acuminé À large base; exophytique; lésions multiples; lésions génitales fréquentes
Tableau 6 Tumeurs mésenchymateuses bénignes.
TUMEURS MÉSENCHYMATEUSES BÉNIGNES
La muqueuse superficielle est normale, sauf en cas de traumatisme; habituellement bien circonscrites, asymptomatiques et à évolution lente.
Fibrome causé par une irritation Ferme ou compressible
Épulis fissuratum (hyperplasie fibreuse inflammatoire) Adjacent au volet de la prothèse amovible; ferme ou compressible
Fibrome ossifiant périphérique Ne se développe que sur la gencive; ferme; parfois ulcéré; parfois vasculaire; possibilité de mobilité dentaire
Léiomyome Ferme; parfois vasculaire
Rhabdomyome Ferme; situé dans les muscles squelettiques
Granulome périphérique à cellules géantes Ne se développe que sur la gencive ou la muqueuse alvéolaire attachée; vasculaire
Hémangiome Congénital; compressible; vasculaire; circonscrit ou diffus
Lymphangiome Congénital; compressible; habituellement diffus; non vasculaire
Granulome pyogène Vasculaire; compressible; souvent à évolution rapide, ulcéré, saigne facilement
Lipome Encapsulé; compressible; parfois de couleur jaune
Névrome (Névrome traumatique ou d’amputation) Ferme; habituellement sensible à la palpation; la taille de la lésion dépend de la taille du nerf impliqué
Neurofibrome Ferme ou compressible; non sensible; circonscrit ou diffus; peut être associé à une neurofibromatose
Schwannome (neurilemmome) Encapsulé; ferme; non sensible
Tumeur à cellules granuleuses Ferme; à surface parfois rugueuse
Épulis congénitale Ferme; congénital; ne se développe que sur la muqueuse alvéolaire attachée
Tableau 7 Tumeurs bénignes des glandes salivaires.
TUMEURS BÉNIGNES DES GLANDES SALIVAIRES
Bien circonscrites; à évolution lente; asymptomatiques; muqueuse superficielle normale, sauf en cas de traumatisme; ne se développent que là où des glandes salivaires sont présentes (partout dans la muqueuse buccale, à l’exception de la ligne médiane du palais et du palais dur antérieur, de la gencive et de la muqueuse alvéolaire attachée).
Adénome polymorphe (tumeur mixte) Encapsulé; ferme ou compressible
Adénome monomorphique Encapsulé; ferme ou compressible
Oncocytome Encapsulé; ferme; touche les personnes âgées
Cystadénome lymphomateux papillairea (tumeur de Warthin) Encapsulé; ferme ou compressible; se produit dans la glande parotide
Carcinome adénoïde kystique* Ferme
Carcinome à cellules acineuses* Ferme
Carcinome muco-épidermoïde, de bas grade* Compressible ou d’aspect variable
Adénocarcinome polymorphe de bas grade* Ferme
* Ce sont des néoplasmes malins, mais ils ont parfois les caractéristiques cliniques et historiques des néoplasmes bénins.
Tableau 8 Kystes des tissus mous.
KYSTES DES TISSUS MOUS
Compressibles; bien circonscrits; asymptomatiques; à évolution lente; muqueuse superficielle d’aspect normal.
Kyste gingival Situé sur la gencive attachée antérieure aux premières molaires
Kyste lymphoépithélial Habituellement de couleur jaune; se développe dans le plancher de la bouche, sur les surfaces ventrales et latérales de la langue, le palais mou et la zone amygdalienne; se développe également dans la chaîne ganglionnaire lymphatique cervicale antérieure (fente branchiale ou kyste lymphoépithélial cervical)
Kyste épidermoïde ou dermoïde D’aspect « pâteux » à la palpation; se développe habituellement dans le plancher de la bouche; se développe couramment dans la peau
Kyste du tractus thyréoglosse Se développe dans la ligne médiane du cou; peut adhérer à l’os hyoïde et être mobile lorsque le patient avale
Kyste naso-labial Situé dans le pli labial maxillaire et dans la zone de l’aile du nez
* Ce sont des néoplasmes malins, mais ils ont parfois les caractéristiques cliniques et historiques des néoplasmes bénins.

Il convient de souligner que les descriptions cliniques ci-dessus sont des directives générales, et des exceptions se produisent. L’ablation de la lésion et l’examen microscopique du tissu constituent le seul moyen de parvenir à un diagnostic définitif.

Pour voir l’arbre décisionnel pour les lésions de la muqueuse buccale, cliquez sur l’une des options indiquées.