Protocole chirurgical et de guérison des tissus mous

L’utilisation d’un lambeau chirurgical conventionnel qui comprend les papilles interdentaires a été comparée à une technique modifiée qui ne rompt pas les deux papilles interdentaires lors de la pose d’implants dentaires unitaires4. La technique avec lambeau modifiée a permis de conserver au moins un millimètre des papilles adjacentes aux dents naturelles. Une réduction de la perte osseuse sur la crête a été notée et cette préservation osseuse accrue pourrait améliorer le résultat esthétique obtenu.

Plus la zone est édentée depuis longtemps, plus il est possible qu’il y ait une déficience en tissus mous en raison de la résorption osseuse et des changements concomitants dans le contour des tissus mous. Par conséquent, il est généralement estimé que l’accent devrait être mis sur le maintien de la forme des tissus mous plutôt que la restauration des tissus perdus. Les méthodes de conservation de la forme et de l’emplacement des tissus mous comprennent l’implantation immédiate et la mise en place immédiate d’une restauration provisoire lorsque ces procédures sont indiquées.

La mise en place immédiate de l’implant et d’une restauration provisoire après l’extraction d’une dent s’est avérée donner de bons résultats dans la zone esthétique du maxillaire et les papilles ont été préservées5. Le résultat a été jugé être le plus prévisible lorsque la distance entre la crête gingivale libre et la crête osseuse est de 3 mm sur la surface vestibulaire de la dent à extraire et de 4,5 mm sur les surfaces interproximales des dents adjacentes étant donné que des distances plus grandes produiront probablement des carences esthétiques au niveau des tissus mous.

Une technique a été rapporté dans lequel la papille peut être conservée entre des implants unitaires adjacents6. Cette préservation de la papille entre les implants implique la mise en place immédiate de l’implant et d’une restauration provisoire un implant à la fois, après la période d’intégration osseuse de l’implant précédent. Le procédé consiste à extraire l’une des deux dents, à placer immédiatement l’implant puis à fixer une prothèse provisoire avec le profil désiré là où elle émerge du tissu mou. De cette manière, le tissu mou autour de l’implant reste dans sa position normale. Au bout de six mois, la procédure est répétée pour la dent adjacente, préservant ainsi la papille entre les implants.

Pour les implants, il est important de prendre des empreintes qui enregistrent la position actuelle de la muqueuse péri-implantaire afin que les couronnes et les prothèses partielles fixes puissent être fabriquées avec des formes qui soutiennent ou améliorent la forme des tissus mous. Il est également important de faire les empreintes une fois toute guérison terminée afin qu’aucun changement supplémentaire de la muqueuse qui affecterait négativement le résultat esthétique après la fabrication ou la mise en place d’une restauration n’ait lieu. La distance de récession des tissus mous après une intervention chirurgicale de connexion du pilier a été mesurée dans une étude prospective d’un an7. Les auteurs indiquent qu’il est généralement raisonnable de s’attendre à environ un millimètre de récession après la chirurgie de connexion du pilier. Comme la majeure partie de la récession a lieu au cours des trois premiers mois, les auteurs ont proposé d’attendre trois mois après la chirurgie de connexion du pilier avant de faire l’empreinte définitive.