Défis de santé buccodentaire auxquels font face les baby-boomers en santé

La population des baby-boomers est en meilleure santé, plus riche et plus heureuse que les populations vieillissantes précédentes; ils ont tendance à être plus actifs, sont mieux éduqués, mangent mieux et gardent leurs dents naturelles plus longtemps.1 En fait, les taux des personnes édentées ont considérablement diminué au cours des 20 dernières années; selon les données de la National Health and Nutrition Examination Survey 2005-2008, seulement 23 % des personnes âgées de 65 ans et plus n’ont plus de dents naturelles.7 Non seulement près de 80 % des individus de cette cohorte de population ont leurs propres dents naturelles, ils vivent aussi en moyenne 34 ans de plus que leurs grands-parents. La société semble avoir décidé que la soixantaine est la nouvelle quarantaine. Avec les changements dans la façon dont nous voyons le monde, à savoir, à travers la télévision et les médias sociaux, des modèles comme Jane Fonda (1937) et Goldie Hawn (1945) semblent inspirer les baby-boomers à chercher cette éternelle « Fontaine de jouvence ».

Les baby-boomers ont, pour la plupart, reçu des soins dentaires pendant la majeure partie de leur vie s’ils ont eu un emploi rémunéré. Beaucoup d’employeurs offrent une assurance dentaire comme avantage de l’emploi; cependant à la retraite, ces avantages sont généralement perdus.8 Puisque la majorité des baby-boomers ont leurs propres dents naturelles, il est probable qu’ils ont eu de nombreuses procédures dentaires comme des couronnes, des ponts et possiblement des implants, et ils sont habitués à avoir des rendez-vous d’entretien parodontal réguliers. À un moment où il est crucial pour eux de continuer à maintenir ces restaurations ainsi que leur état de santé parodontale, le nombre de visites dentaire et d’hygiène dentaire décline souvent en raison de la réduction des revenus ainsi que la perte de l’assurance dentaire.

Les baby-boomers de la classe moyenne plus instruits et plus riches continueront très probablement à visiter leurs praticiens dentaires privés, mais il est plus que possible que ceux qui sont moins instruits et qui n’ont plus d’assurance dentaire n’obtiendront plus de soins dentaires.8 Aux États-Unis, il a été rapporté que les taux de couverture par une assurance dentaire des personnes âgées étaient de 14,5 % (65 ans et plus), 28 % (65 à 74 ans) et 16,5 % (75 ans et plus).8 Comme la retraite se traduit également par une importante perte de revenus, les priorités changent souvent; cela explique pourquoi les personnes âgées ont les plus faibles taux d’utilisation de services dentaires. Selon l’US News and World Report, la prestation de sécurité sociale médiane en 2012 aux États-Unis était de 16 295 $ pour les hommes et de seulement 11 999 $ pour les femmes. Au Canada, le revenu médian des femmes âgées était inférieur à celui des hommes d’environ un tiers en 2010 (19 500 $ comparativement à 28 900 $ pour les hommes). La plus grande différence aux États-Unis était que seulement 30 % des retraités avaient un revenu supplémentaire provenant d’autres sources comme des régimes de pension d’employeur et des REER.

En plus d’une réduction du nombre de visites dentaires, les effets du vieillissement ont un impact sur la santé globale, notamment par une diminution de la capacité à combattre les infections, une perte de dextérité manuelle, une possible perte d’appétit et même une possible malnutrition. Il a été bien documenté que les besoins en médicaments augmentent à mesure que l’on vieillit, ce qui pourrait avoir des effets secondaires importants, comme une xérostomie et une hyperplasie gingivale induite par les médicaments.4,19 Ces changements peuvent avoir un impact significatif sur la santé buccodentaire de l’individu. Le manque d’entretien dentaire peut entraîner à la fois la rupture des restaurations et une maladie parodontale. L’American Academy of Periodontology rapporte que les adultes plus âgés ont une prévalence plus élevée de maladie parodontale, et la plus récente étude NHANES (National Health and Nutrition Examination Survey) a révélé que 70,1 % des adultes âgés de plus de 65 ans souffraient d’une maladie parodontale.9,10

En outre, les effets de la xérostomie placent l’individu à risque de caries de la racine, de douleur, de pertes de dents et, finalement, d’une incapacité à mâcher les aliments correctement. Ces conséquences peuvent avoir un impact négatif sur la qualité de vie globale de l’individu et l’exposer à un risque plus élevé de maladie systémique comme les maladies cardiovasculaires, le diabète, les maladies respiratoires et de nombreuses autres maladies chroniques qui sont de nature inflammatoire. Les preuves des liens entre la santé buccale et la santé systémique s’accumulent rapidement et feront l’objet d’une discussion plus en détail dans la section suivante.